Je choisis des cartes

 
  Des courbes sèment l'effroi.

Des courbes sèment l'effroi.

Notre civilisation nous a progressivement placé hors nature. Homo sapiens, le fondateur, s’est fatigué de tailler du biface pendant des milliers d’années ; il s’est mis à réfléchir sur son sort.

Ses pensées nous ont ainsi isolé « du sentiment de nature » en même temps qu’elles ont fait naître la science et ses fabuleux bienfaits. Parmi les génies qui nous montré ces chemins arides mais fructueux, j’aime particulièrement Descartes.
 
Il a fait de nous des opposants féroces à tout ce qui nous entoure, nous plongeant, en toute innocence, dans une terrible solitude. En observant une mouche se cogner la tête sur une grand fenêtre à petits carreaux, il imagina la repérer façon bataille navale B2… E7… C’est ainsi qu’il localisa un point en le définissant par deux chiffres. Ordonnée et abscisse, l’affaire était dans le sac. L’analyse des courbes d’une Vénus bien en chair pouvait commencer.
 
La guerre contre la mouche avait changé d’échelle. La guerre contre la nature pouvait commencer sérieusement.

Une Vénus de neige s’est mise à fondre sous ses larmes. Mais Homo sapiens, le fondateur, s’entête : il est devenu sourd et aveugle aux signaux que lui envoie la nature. Elle qui agite depuis si longtemps le drapeau blanc.