La tête est pleine, mais le cœur n'en a pas assez (Lhasa de sela)

 

L’homme crée la machine, comme la machine crée l’homme.

Dans notre histoire, un flux continu d' »informations », de sensations passe de l’homme à ses outils, et ‘inversement ». Tailler du biface pendant presque qu’un million d’années
vous change un Homo pré sapiens : après ce très, très long passe temps, le voilà muni des plus formidables outils jamais créés, une paire de mains douées d’une motricité incomparable.

Ces mains explorent, forgent, caressent. Elles autorisent l’évolution du cerveau, changent
même notre regard sur la matière.

Nous vivons l’époque de l’ordi, et ce n’est que le début d’une très puissante synergie. Mais nous sommes déjà atteints par le « syndrome du biface ».

L’ordi n’est qu’un cerveau déporté. Il n’a pas de coeur, et encore moins de ventre. Or nous sommes gouvernés par un triumvirat, et non pas par un potentat haut perché, le système nerveux central.

Le système digestif est entouré de 200 millions de neurones, qui est le nid  du  complexe microbiote, continent quasi inconnu.

Le coeur en est peu pourvu, mais il est impossible de placer ailleurs le centre des émotions, de l’affectivité.

Notre triumvirat comprend donc le cerveau, le coeur et le ventre.