Le premier gonfleur de veine

 

Moi qui fais plus de 10 000 prises de sang par an, je ne peux pas ignorer le maître du garrot, celui qui en a étudié les effets le premier, puis qui en a assurer la  popularité, non sans mal.

William Harvey est le premier homme à observer, puis à étudier l’avant bras après avoir posé le garrot.

Serré très fort, le bras blanchit. En amont du garrot, plus aucun vaisseau ne contient de sang « après les avoir coupés ». Serré moins fort, la circulation artérielle se rétablit, pas la veineuse: on voit donc les veines gonfler en amont du garrot.

Ce qui nous paraît simple, était à l’époque difficilement compréhensible, surtout pour des médecins qui ne juraient que par d’obscurs textes anciens. Ils n’admettaient pas le principe
de la circulation sanguine; il fallut l’intervention de Descartes auprès de Louis XIV pour que
ce dernier prenne partie en faveur de ces nouvelles séduisantes théories. De nombreux médecins en prirent pour leur grade et Molière ne se gêna pas pour ridiculiser les diafoirus..

   Le roi anglais Charles 1er écoute William Harvey

  Le roi anglais Charles 1er écoute William Harvey

Médecin personnel du roi Jacques premier, il était souvent nommé expert en sorcellerie. Les « marques du diable » étaient recherchées activement pour débusquer le sorcier ou la sorcière. Le texte joint daté du vendredi des Cendres 1685, publié dans le Gentleman’s Magazine de 1832 témoigne de l’irruption de la « méthode expérimentale » en plein XVII ième siècle…

Quoique pragmatique et peu crédule, William Harvey devait composer avec son Roi qui lui, prenait ces fariboles très au sérieux… Il a donc sur la conscience la mort de Margaret Johnson « qui portait clairement les marques de trafic diabolique ». Elle avait été dénoncée en 1633 par un jeune du Lancashire qui se récusa par la suite…

 Une enquête serrée...

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