Quand la nature se fait entuber...

 
 La fin du Phallus?

La fin du Phallus?

Je donne au mot nature un sens un peu particulier. Un sens de biologiste. Pour lui, opposer l’homme à la nature parait saugrenu. Pour lui, cette nature nous précédé, mais c’est elle qui nous a fait naître, au cours d’un processus mystérieux qu’on a appelé évolution : qu’on le veuille ou pas, nous sommes « les enfants » de la nature !

La planète qui nous héberge a même subi des convulsions extraordinaires nécessaires à notre apparition. Il y a 65 millions d’années, le choc formidable d’une météorite suivi d’un volcanisme carabiné a dévasté le monde dinosaure, au profit du monde mammifère.

Et même si les femmes portent des seins plus que des mamelles, il n’empêche que notre animalité nous colle sous la peau : nous ne sommes pas moins naturels que le ouistiti à queue frisée ou le traquet motteux.

En 1987, Ana Soto, biologiste américaine travaille dans son labo sur la culture de cellules, qu’elle fait pousser dans des tubes en plastique. Un beau matin, elle remarque une prolifération importante de ces cellules, qu’elle n’avait jamais observée auparavant. Elle ne comprend pas : rien n’a changé dans ses protocoles. Mais une chercheuse cherche, c’est en sciant que Léonard de Vinci… Et Ana publiera en 1991 le fruit de ses trouvailles. C’est un changement de tube qui a provoqué cette pagaille. Ou plutôt, un changement de la composition de la matière plastique du tube…

L’idée d’une perturbation hormonale due à la présence de certains additifs vient de naitre. Le fabricant avait introduit dans sa formulation le p-nonylphénol. Substance qui mime l’oestrogène, une des principales hormones féminines. Et cette substance stimulait la croissance des cellules cancéreuses utilisées. Le chapitre du bisphénol A s’est ouvert peu après.

Pour se refermer partiellement en 2010, avec l’interdiction en France de son usage dans les biberons en plastique. De nombreuses observations avaient précédé cette clarification. La féminisation des poissons en UK, celle des alligators aux Etats-Unis…

Chez l’homme, seuls deux produits avaient montré des effets directs de profonds troubles : le Distilbène, médicament interdit en 1977, et le Chlordécone, insecticide interdit en 1993 en France.

Les Antilles sont polluées pour 7000 ans, vu le manque de dégradabilité de ce pesticide. On y déconseille la consommation de patates douces plus de deux fois par semaine. Mais ces deux molécules sont deux feux clignotants rouges, pour l’humanité entière. On pourra multiplier les études savantes, elles montreront toutes la même chose.

Dans la population noire américaine, 20 % des fillettes commencent leur puberté à l’âge de 7 ans. Ce n’est pas naturel. Et pourtant les Etats-Unis ont interdit le chlordécone bien avant la France, dans les années 1960. Le DDT etc. Malgré cette réactivité toute américaine, il faut se rendre à l’évidence.

On ne pourra jamais tester les complexes « effets cocktail » de toutes ces molécules étrangères à notre nature. Car ce n’est pas une molécule qui nous embête, mais toujours des mélanges. Triclosan, BPA, HCB,PCB,dioxines, mercure, j’en passe, de nombreuses et de meilleures…

D’ailleurs dans les rivières anglaises, les poissons se féminisent autant par les substances « oestrogéno-mimétiques » que par les anti-androgènes -médicaments, fongicides, antibactériens-

Ou alors, quand ces études seront probantes, la population mondiale comptera deux femmes pour un homme, et on n’aura plus d’enfants autrement que par PMA, procréation médicalement assistée.

Une par une, on va décider de « doses admissibles ». Toute cette science a un côté un peu ridicule. Non, la seule solution réaliste est d’éliminer, une à une, ces molécules anti-naturelles, c’est facile à écrire, en pratique, c’est une tache Herculéenne..