De nature clandestine

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De nature clandestine

17.00

J’ai eu la chance d’avoir une maman qui m’a littéralement initié à la beauté de la nature, à ses mystères. Fille de paysan, elle avait pourtant souffert de cette nature, de ce froid en hiver qui vous mordait les doigts à vous laisser des engelures plusieurs mois par an. De ces poux  insistantes bestioles qui défiaient le peigne. Du printemps où la cuisine monotone montrait la fin des réserves amassées pour l’hiver. Mais elle en avait gardé « un lien invisible »,  qu’elle a su me transmettre.

Ce lien là a su me préserver de sombres sentiments, quand la vie s’est montrée intraitable avec mes insuffisances, ou mes regrettables prétentions. Biologiste de terrain, j’ai pu apprécier comme ce« sentiment de nature », mêmes’il était encore cultivé par de nombreuses mamans, se perdait ensuite. Nous sommes déconnectésde la nature dont nous sommes nés, nous sommes donc déconnectés de notre propre nature : nous placer « en dehors d’elle » est la plus effarante des extravagances de notre société technique.

J’ai toujours rêvé de faire partager l’incroyable plaisir que j’ai éprouvé à l’étude de ce qu’on appelait « les sciences naturelles ». La biologie renvoie à une perception plus froide, donc plus lointaine du monde vivant. Pour écrire cette chronique de biologiste, il m’est donc apparu tout à fait naturel de  « mettre en musique » ces histoires ; c’est à dire de quitter la sécheresse du discours scientifique et de les incarner dans unelangue plus fleurie, plus libre. Et de les entourer d’images, d’émotions visuelles.

C’estChristine Laquet, artiste nantaise, quia mis ces textes en résonnance avec leurs« images ».

Car si la nature s’étudie, elle se respire aussi, et l’émotion est d’abord visuelle quand on cultive « ce lien invisible ».

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